TDAH

Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est un trouble du neurodéveloppement caractérisé par trois types de symptômes pouvant se manifester seul ou combinés : des difficultés d’attention et de concentration, des symptômes d’hyperactivité et d’hyperkinésie, des problèmes de gestion de l’impulsivité.

Définition scientifique

Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est caractérisé, dans le DSM-5 (Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux), comme "un mode persistant d’inattention et/ou d’hyperactivité-impulsivité qui interfère avec le fonctionnement ou le développement".

Le DSM-5 précise la définition de l’inattention, de l’hyperactivité et de l’impulsivité dans le cadre du TDAH :
L’inattention se manifeste sur le plan comportemental par une distractibilité, un manque de persévérance, du mal à soutenir son attention et le fait d’être désorganisé. L’inattention n’est pas due à une attitude de défi ni à un manque de compréhension.
L’hyperactivité correspond à une activité motrice excessive dans des situations où cela est inapproprié, ou par un excès de "bougeotte", de tapotements des doigts ou de bavardage.
L’impulsivité se réfère à des actions précipitées survenant dans l’instant sans réflexion sur leurs possibles conséquences et avec un grand risque de causer du tort au sujet.

Les cinq critères diagnostiques listés par le DSM-5 sont les suivants :
Un mode persistant d’inattention et/ou d’hyperactivité-impulsivité qui interfère avec le fonctionnement ou le développement, caractérisé par de l’inattention et/ou de l’hyperactivité-impulsivité
Plusieurs symptômes d’inattention ou d’hyperactivité-impulsivité étaient présents avant l’âge de 12 ans.
Plusieurs symptômes d’inattention ou d’hyperactivité-impulsivité sont présents dans au moins deux contextes différents (p. ex. à la maison, à l’ecole, ou au travail ; avec des amis ou de la famille, dans d’autres activités).
Les symptômes interférent avec ou réduisent la qualité du fonctionnement social, scolaire ou professionnel.
Les symptômes ne surviennent pas exclusivement au cours d’une schizophrénie ou d’un autre trouble psychotique, et ils ne sont pas mieux expliqués par un autre trouble mental (p.ex., trouble de l’humeur, trouble anxieux, trouble dissociatif, trouble de la personnalité, intoxication par, ou sevrage d’une substance).

Le DSM-5 propose 3 niveaux de sévérité : léger, moyen et grave.

Pour y voir plus clair

Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité est un trouble neurologique. Les personnes qui en sont atteintes éprouvent des difficultés à contrôler leur comportement et/ou à maintenir leur concentration.
Les 3 symptômes majeurs sont :
L’hyperactivité motrice : un besoin de bouger sans cesse
Le déficit attentionnel (inattention) : difficulté à maintenir son attention dans la durée, à ne pas se laisser distraire par des stimuli externes.
L’impulsivité : incapacité à attendre pour prendre la parole ou à différer une action, difficulté à gérer ses émotions et à garder son calme.

En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) indiquait en 2015 que 3,5 à 5,6 % des enfants scolarisés seraient concernés par le TDAH, ce qui est en accord avec des données d’études américaines indiquant des chiffres de 5 à 6%.
Pour les adultes, ce sont 2 à 4% des adultes de la population française qui seraient concernés. Les études américaines avancent le chiffre de 4,4%.
En 2021, le consensus international de la Fédération Internationale du TDAH déclarait que 5,9% des enfants en âge scolaire et 2,5% des adultes étaient touchés (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S014976342100049X)

Le TDAH ne se manifeste pas de la même manière pour toutes les personnes, les symptômes pouvant se combiner entre eux. On trouve donc :
Des TDAH avec hyperactivité et impulsivité dominantes
Des TDAH avec déficit attentionnel prédominant
Des TDAH mixtes, combinant l’hyperactivité, l’impulsivité et le déficit attentionnel

Bien que les symptômes du TDAH puissent être repérables dès l’âge de 2 ans, ils sont vraiment remarqués vers l’âge de 5 à 7 ans, au moment où ils commencent à avoir des conséquences plus importantes : difficultés scolaires, mise en danger de soi et des autres, agressivité,…
Selon, la HAS, l’âge moyen du diagnostic de TDAH est de 9-10 ans. Il peut être effectué plus tard, et on le diagnostique également chez des adultes.

Les résultats des études divergent quant à l’occurrence du TDAH en fonction du sexe.
Pour certains, le TDAH est plus fréquent chez les garçons que chez les filles (3 garçons pour 1 fille selon le Dr Michel Lecendreux, psychiatre et pédopsychiatre). Pour d’autres, le TDAH concerne indifféremment les filles comme les garçons, la différence se situant davantage dans les manifestations, l’hyperactivité semblant être plus fréquente chez les garçons que chez les filles, et donc plus repérable. L’essai doctoral de Maryanne Loyer Carbonneau de l’université du Québec à Montréal publié en 2019 et présentant une méta analyse sur les différences de sexe dans les symptômes du TDAH suggère que les critères diagnostiques actuels ne sont pas adaptés aux filles et nécessiteraient d’être retravaillés afin de faciliter la reconnaissance des filles concernées par un TDAH.

Le TDAH est aujourd’hui l’objet de nombreuses recherches au niveau international tant pour en découvrir l’origine, en améliorer le dépistage que pour proposer des solutions permettant d’en atténuer les symptômes.

Les manifestations du Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité

Comme pour les autres troubles neurodéveloppementaux, les manifestations du TDAH varient d’une personne à l’autre, selon le niveau de sévérité et la prédominance d’un ou plusieurs des symptômes (hyperactivité, déficit attentionnel, impulsivité).

Chez les enfants, on peut repérer trois types de manifestations.
Les manifestations de l’inattention
Il ne parvient pas à prêter attention aux détails
Il fait des fautes d’étourderie
Il évite les tâches répétitives ou ennuyeuses
Il a du mal à s’organiser, pour ses devoirs, ses activités
Il égare ses vêtements, ses jouets, ses affaires scolaires
Il est facilement distrait par des stimuli externes
Il oublie en chemin ce qu’il doit faire
Il est rêveur, dans sa bulle
...
Des manifestations de l’hyperactivité
Il remue souvent les mains, les pieds, il se tortille sur sa chaise
Il court et grimpe partout
Il a du mal à se tenir tranquille pour un jeu ou pour regarder un film
Il est désordonné, son activité est peu productive
Il se lève en classe à des moments inappropriés

Des manifestations de l’impulsivité
Il a du mal à attendre son tour
Il interrompt souvent les autres
Il répond trop rapidement aux questions posées, il coupe la parole, il parle tout le temps
Il est décrit comme exigeant, capricieux, égocentrique par son entourage
Il n’apprend pas de ses erreurs
Il parait moins sensible aux conséquences de ses actes
Il se fâche soudainement
...

Les enfants pour qui l’impulsivité et l’hyperactivité sont dominantes peuvent souvent être pointés du doigt. Ils peuvent être considérés comme mal éduqués et avoir du mal à se faire des amis de manière durable. Cela impacte leur estime d’eux-mêmes, il est donc important d’y être vigilant.

Chez les adultes, les manifestations sont similaires.
Pour le déficit de l’attention, on repère :
La distractivité
Des difficultés d’organisation
Des erreurs d’étourderie
Des difficultés à se concentrer ou à être attentif dans l’exécution des tâches
Des difficultés à suivre les instructions, à achever les tâches demandées
La perte fréquente d’objets, même importants
L’impression de ne pas écouter quand on leur parle
...
L’hyperactivité est visible au travers de :
La "bougeotte", les mains et les pieds bougent tout le temps
Le fait de parler excessivement
L’impossibilité de tenir en place, l’agitation sur son siège
Une sensation d’agitation intérieure
Une impression que les idées défilent, trop vite
...
L’impulsivité se décèle par :
Des réponses données avant la fin des questions
L’interruption des autres, les paroles qui s’échappent
Les prises de décisions impulsives
Des colères rapides
...

Ces différents symptômes ont des répercussions sur la vie personnelle et professionnelle.
Les personnes atteintes de TDAH sont sujettes aux conduites à risque, ont davantage de difficultés à avoir un parcours scolaire linéaire, et on constate souvent de fréquents changements d’emplois.

La liste des symptômes n’est pas exhaustive et ne peut en aucun cas permettre de poser un diagnostic de TDAH. En revanche, elle permet d’effectuer des repérages et souligne l’importance de sensibiliser le milieu scolaire et le milieu professionnel qui peuvent très rapidement se retrouver dans l’incompréhension du comportement d’un élève ou d’un collaborateur atteint par un TDAH.

Le diagnostic du Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité

A l’instar des autres troubles neurodéveloppementaux, le premier interlocuteur est le pédiatre ou le médecin traitant à qui l’on peut faire part des symptômes repérés et des difficultés qu’ils génèrent.
C’est lui qui orientera ensuite vers un médecin spécialiste du TDAH (psychiatre, neurologue,…). Au regard des éléments présentés, le spécialiste effectuera une analyse, une évaluation via des observations et des questionnaires. Il pourra demander des examens et bilans complémentaires auprès de professionnels (psychologue ou neuropsychologue orthophoniste, ergothérapeute, psychomotricien, orthoptiste...), qui lui permettront de poser un diagnostic différentiel.

Une fois le diagnostic posé, une prise en charge visant à limiter les symptômes du TDAH pourra être proposée.
Dans la prise en charge, le médecin peut préconiser :
Une prise en charge psychothérapeutique
Une rééducation des troubles associés au TDAH (orthophonie, ergothérapie, psychomotricité)
De la guidance parentale
Une pratique sportive
Un traitement médicamenteux, le plus courant étant l’administration de méthylphénidate (Ritalin®, Concerta®, ...)

De nombreuses controverses existent à propos du traitement médicamenteux. Il est important d’échanger avec le spécialiste sur les questions que l’on peut avoir à ce sujet.
Contrairement aux idées reçues, en France, l’administration de méthylphénidate n’est pas systématique, pas plus que massive et désordonnée. Les bénéfices possibles au regard des effets secondaires méritent d’être discutés avec le spécialiste qui saura apporter tous les éléments nécessaires à la décision.
Pour les enfants comme pour les adultes concernés par le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité, Cécile Perret Conseil propose plusieurs solutions complémentaires aux prises en charge médicales et paramédicales, visant, notamment, à vous accompagner dans l’élaboration de dossier MDPH ou encore dans vos relations avec le système scolaire.